L'abandon d'un controversé projet d'aéroport est plébiscité par les Français

A Notre-Dame-des-Landes Collomb veut évacuer la ZAD des éléments les plus radicaux

Notre-Dame-des-Landes : une zone encore à défendre

Né dans les années 1960, relancé en 2000, attribué au groupe de construction français Vinci par appel d'offres en 2010, le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes s'était quasiment transformé en affaire d'État.

Le préfet de Loire-Atlantique lance en 1965 la recherche d'un site pour un nouvel aéroport dans le Grand Ouest. "Avec l'abandon de Notre-Dame-des-Landes et la fermeture programmée de Fessenheim, Nicolas Hulot a déjà fait plus, à lui seul, que tous les ministres EELV qui se sont succédé au gouvernement lors du quinquennat précédent", souligne-t-il.

Notre-Dame-des-Landes, promesse de nouveaux sols bétonnés, est "un cas d'école de ce à quoi il va falloir renoncer", estimait-il dans un livre publié avant d'être ministre.

Jean-Daniel Lévy note pour sa part un inhabituel déficit de soutien de la part de La République en marche (LaRem) au regard de l'enquête Harris Interactive pour RMC et Atlantico - où 54% des sondés jugent que le gouvernement a bien géré le dossier, une proportion qui monte à 66% chez les sympathisants LaRem. Une décision que n'aurait pas forcément prise le candidat Emmanuel Macron, qui avait promis de construire l'aéroport.

Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert, a proposé jeudi sur Sud Radio d'assigner ces terres à la production de produits bio ou sous signes de qualité pour alimenter la restauration collective régionale. Celle-ci conclut en avril 2013 à l'utilité du projet, tout en recommandant une amélioration des mesures de compensation environnementales. Le 25 janvier 2016, la justice valide l'expulsion des derniers agriculteurs et riverains historiques vivant sur la ZAD.

En contrepartie de l'arrêt du projet de Notre-Dame des Landes, le Premier ministre a annoncé que le développement de l'aéroport de Rennes-Saint-Jacques serait "accompagné", en "commençant par l'agrandissement de l'aérogare ".

Les partisans de la nouvelle infrastructure dénonçaient les nuisances sonores et les risques que fait peser, selon eux, le maintien d'un aéroport à proximité de l'agglomération de Nantes (620.000 habitants). Pour lui, il ne doit pas y avoir d'évacuation violente de la Zad.

Interrogé sur le choix du gouvernement, M. Collomb a évoqué une question de coût, affirmant que "sur l'ensemble du projet, c'est environ 400 millions d'euros en moins par rapport à ce qu'on aurait dû engager si on avait fait (l'aéroport de) Notre-Dame-des-Landes ". Le gouvernement promet une décision "claire" et "assumée" sur la poursuite ou non du projet avant fin janvier 2018. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.

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