L'Allemagne toujours embourbée dans les discussions entre partis — Elections législatives

Nouveau gouvernement en Allemagne: pourquoi ça bloque

Angela Merkel va tenter de se maintenir à la tête de l'Allemagne. TOBIAS SCHWARZ AFP or licensors

"Après un premier échec en novembre avec les écologistes et les libéraux, la chancelière Angela Merkel, au pouvoir depuis douze ans, n'a plus le droit à l'erreur si elle veut gouverner quatre ans de plus".

Angela Merkel a affirmé jeudi que de "gros obstacles" devaient encore être levés avant qu'un accord de gouvernement entre conservateurs et sociaux-démocrates puisse être conclu. Elle s'est dit prête à " trouver des compromis constructifs " entre son camp démocrate-chrétien (CDU et CSU) et les sociaux-démocrates du SPD.

Il sera soumis le 21 janvier à l'approbation des militants du SPD.

Pour le politologue Karl-Rudolf Korte, la chancelière, affaiblie après une victoire électorale remportée avec un score décevant, "serait finie" en cas de nouveau faux-pas. Le tout sur fond de surenchère des Bavarois de la CSU et d'outrances de l'extrême droite.

La popularité d'Angela Merkel, au pouvoir depuis douze ans, est du reste en repli.

Ce dernier jour de discussions sera "une dure journée", a déclaré la chancelière allemande à son arrivée au siège du SPD à Berlin. Les conservateurs, en particulier la CSU en campagne pour les élections bavaroises de cet automne, exigent un durcissement de la politique migratoire et une réduction limitée des impôts pour tous. Le SPD plaide, lui, en faveur d'un assouplissement du regroupement familial pour les réfugiés, d'investissements dans l'éducation et les infrastructures et d'un soutien pour les classes moyennes et défavorisées.

Ce n'est pas la vision française, qui soutient un Fonds monétaire européen mais entend lui donner un pilotage "politique", comme l'a indiqué le ministre de l'Economie Bruno Le Maire dans une interview jeudi à l'hebdomadaire allemand Die Zeit. Si certains points d'accord ont déjà été trouvés, les sociaux-démocrates ne devraient dévoiler que vendredi s'ils recommandent une nouvelle coalition. A l'issue de ces tractations et dans le meilleur des cas, un nouvel exécutif ne sera en place que fin mars. Il a notamment insisté sur l'importance que le prochain gouvernement allemand devra porter à l'Europe: "si nous acceptions de rentrer au gouvernement, ce ne serait qu'à la condition de renforcer l'Europe". La base du SPD, très sceptique à l'idée de servir à nouveau d'appoint aux conservateurs, peut donc encore tout faire capoter.

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