Faut-il défendre "la liberté d'importuner" — Débat

Cent femmes dont Catherine Deneuve dénoncent

Catherine Deneuve le 9 décembre 2017 au casino de Monte Carlo à Monaco

Dans une tribune publiée dans le journal Le Monde, une centaine de femmes dont Catherine Deneuve et l'écrivaine Catherine Millet s'inquiètent d'une stigmatisation de la gente masculine. "Et des centaines de viols", souligne le texte, qui déplore que les signataires de la tribune "utilisent leur visibilité médiatique pour banaliser les violences sexuelles" et "méprisent de fait les millions de femmes qui subissent ou ont subi ces violences".

Les signataires de cette tribune déclarent: "le viol est un crime".

Depuis le scandale de l'affaire Weinstein, la parole se libère pour dénoncer le harcèlement sexuel tout comme les violences sexuelles.

#Metoo a entraîné dans la presse et sur les réseaux sociaux une campagne de délations et de mises en accusation publiques d'individus qui, sans qu'on leur laisse la possibilité ni de répondre ni de se défendre, ont été mis exactement sur le même plan que des agresseurs sexuels.

"Or c'est là le propre du puritanisme que d'emprunter, au nom d'un prétendu bien général, les arguments de la protection des femmes et de leur émancipation pour mieux les enchaîner à un statut d'éternelles victimes, de pauvres petites choses sous l'emprise de phallocrates démons, comme au bon vieux temps de la sorcellerie ", indiquent les signataires. Après un collectif de militantes féministes sur France Info ce mercredi matin, puis Laurence Rossignol (sénatrice de l'Oise et ancienne secrétaire d'État chargée de la Famille et des Personnes âgées) qui, au micro de France Inter, s'est demandée ce que Catherine Deneuve "était venue faire dans cette galère", c'est sa successeure, Marlène Schiappa, qui a réagi à la polémique, sur France Culture. De fait, un collectif s'est formé, parmi lequel nous pouvons notamment retrouver l'actrice française Catherine Deneuve. Par rapport à cette vague de "libération de la parole", il ne s'agit pas d'une parole contre, c'est une parole en plus, celle de femmes qui croient à l'autonomie des femmes et qui pensent que la liberté sexuelle ne va pas sans la liberté d'importuner.

En Espagne, El Pais fait un rapprochement avec le mouvement Time's Up , crée en signe de protestation contre les agressions sexuelles, et soutenu par plus de 300 actrices dont Nathalie Portman, Cate Blanchett, ou encore Meryl Streep.

"Cette tribune, c'est un peu le collègue gênant ou l'oncle fatigant qui ne comprend pas ce qui est en train de se passer"...

"Avec ce texte, elles essayent de refermer la chape de plomb que nous avons commencé à soulever".

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