Le président suspend les négociations avec la guérilla après une attaque — Colombie

Colombie: l'ONU et l'Eglise veulent un cessez-le-feu «plus solide»

Colombie: fin de la trêve avec la guérilla de l'ELN

Le président colombien a décidé de suspendre, mercredi 10 janvier, les négociations de paix avec la guérilla de l'ELN, qui ont lieu à Quito en Equateur.

Le président de la Colombie affirme que de nouvelles attaques perpétrées par des rebelles mercredi l'ont poussé à rappeler le principal négociateur du gouvernement dans les pourparlers de paix avec le dernier groupe rebelle actif dans le pays, un revers dans les efforts visant à mettre fin aux violences politiques qui affligent la Colombie depuis un demi-siècle. Sans entrer dans les détails, il a dénoncé la reprise des "attaques terroristes contre la population, les forces armées et les infrastructures". Un peu plus tôt, l'entreprise publique pétrolière Ecopetrol a dénoncé quatre attaques contre des installations dans quatre départements.

Par ailleurs, les autorités ont rapporté une attaque à la grenade contre un poste de sécurité de l'armée dans le département d'Arauca, à la frontière avec le Venezuela, où l'ELN a une forte présence. "Nous appelons (le gouvernement) à revoir" sa position, a déclaré à Quito Pablo Beltran, négociateur en chef des rebelles.

L'ONU et l'Eglise catholique, qui participent à la vérification du respect de la trêve entre le gouvernement colombien et la guérilla de l'ELN, en vigueur depuis le 1er octobre et jusqu'au 9 janvier, ont demandé aujourd'hui un "cessez-le-feu plus solide". L'ELN, une guérilla inspirée de la révolution cubaine et issue en 1964 d'une insurrection paysanne, a pour la première fois de son histoire signé un cessez-le-feu bilatéral avec le gouvernement colombien. Mardi, jour de la fin de la trêve, les deux parties avaient entamé des pourparlers en vue de sa prolongation. Ils devaient reprendre mercredi avant cette annonce de Bogota. "Mon engagement pour la paix a été et sera total. Pas seulement avec des mots", a déclaré Juan Manuel Santos. "Nous, nous restons ici (à la table des négociations). Mais la gravité de la rupture du cessez-le-feu et les attentats qui viennent de se produire rendent inévitable" cette "crise majeure", déclare-t-il à l'AFP.

Bien que le gouvernement colombien et la guérilla guévariste aient chacun de leur côté exprimé à plusieurs reprises leur volonté de prolonger cette trêve, l'accord précédent avait déjà été fragilisé par des accusations mutuelles de violations.

Durant la trêve, l'ELN a admis sa responsabilité dans l'assassinat en novembre d'un leader indigène du département du Choco (nord-ouest).

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