Dans une tribune, 100 femmes défendent la "liberté d'importuner" des hommes

Catherine Deneuve défend

Catherine Deneuve défend la"liberté d'importuner. AFP

"Cette libération de la parole se retourne aujourd'hui en son contraire", écrivent-elles, comparant au "puritanisme" et à une "campagne de délation" la dénonciation du comportement d'un certain nombre de personnalités accusées publiquement de harcèlement, notamment lors des campagnes #balancetonporc et #metoo sur les réseaux sociaux.

"La liberté de dire non à une proposition sexuelle ne va pas sans la liberté d'importuner", peut-on lire.

" Le viol est un crime".

Une centaine de femmes ont défendu mardi "la liberté d'importuner" pour les hommes, "indispensable à la liberté sexuelle", s'attirant de nombreuses critiques sur les réseaux sociaux. "Mais la drague insistante ou maladroite n'est pas un délit, ni la galanterie une agression machiste", soutient ce collectif d'écrivaines, comédiennes, chercheuses, journalistes, dans un long texte publié par le Monde daté du 10 janvier.

Un collectif de 100 femmes, qui comprend Catherine Deneuve et l'écrivain Catherine Millet, dénonce ce qu'il considère comme une dérive puritaine faisant suite aux révélations et accusations d'agression sexuelles à l'encontre du producteur américain Harvey Weinstein. S'appuyant sur la pensée du philosophe Ruwen Ogien, les signataires prônent une "liberté d'importuner ", pour elles "indispensable à la liberté sexuelle". "Nous sommes aujourd'hui suffisamment averties pour admettre que la pulsion sexuelle est par nature offensive et sauvage, mais nous sommes aussi suffisamment clairvoyantes pour ne pas confondre drague maladroite et agression sexuelle", poursuivent les signataires de ce texte dans Le Monde.

"Surtout, nous sommes conscientes que la personne humaine n'est pas monolithe: une femme peut, dans la même journée, diriger une équipe professionnelle et jouir d'être l'objet sexuel d'un homme, sans être une 'salope' ni une vile complice du patriarcat". Libres donc sont les frotteurs dans le métro? Si quelques utilisateurs sont d'accord avec cette tribune, comme l'ex présentatrice du Grand Journal Maïtena Biraben ou Christine Boutin, la majeure partie des commentaires sont contre cette tribune.

Cette tribune est également co-signée par Catherine Millet et Catherine Robbe-Grillet.

Ce texte est "une tribune pour défendre le droit d'agresser sexuellement les femmes (et pour insulter les féministes)", a pour sa part dénoncé la féministe Caroline De Haas. "Révoltant. À rebours de la prise de conscience actuelle", selon Osez le féminisme, qui rappelle qu'"une femme sur six sera agressée ou violée au cours de sa vie". Des propos ensuite jugés "déplacés" par le CSA.

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