Des mouvements de grève pour une hausse des salaires — Allemagne

Des employés de Porsche lors d’une manifestation devant leurs locaux à Stuttgart hier

Des employés de Porsche lors d’une manifestation devant leurs locaux à Stuttgart hier

Le puissant syndicat allemand de la métallurgie IG Metall a donné lundi le coup d'envoi d'un bras de fer social qui s'annonce comme l'un des plus durs de ces dernières années en Allemagne.

Les grèves d'avertissement prévues par l'IG Metall comme moyen de pression dans les négociations sur les accords salariaux dans le secteur de la métallurgie (automobile incluse) démarrent à compter d'aujourd'hui.

Le mouvement va durer au moins une semaine.

La formule serait valable deux ans au maximum et l'employeur devrait garantir un retour à un poste à plein temps.

"Les travailleurs ne sont pas que des travailleurs, ils ont des vies personnelles, des enfants, des parents âgés, tout ceci doit être pris en compte", résume à la tribune du rassemblement berlinois le patron local d'IG Metall, Olivier Höbel. Et tandis que le patronat du secteur se montre particulièrement hostile à ces exigences, des débrayages ont commencé dans tout le pays, en particulier dans le secteur automobile (Volkswagen, Porsche). Elle estime que près des deux tiers des salariés seraient éligibles à la mesure et redoute un casse-tête administratif ou des ateliers dépeuplés. La plateforme syndicale demande aussi un aménagement du temps de travail, qui passerait ainsi de 35 heures à 28 heures pour les salariés qui le désireraient, l'employeur devant compenser partiellement le manque à gagner de l'employé.

L'IG Metall, qui ne veut pas risquer un allongement des négociations (qui entrent déjà dans leur troisième "round "), attend un signal clair de la part des employeurs, sans quoi il menace de durcir les grèves. Si la situation ne se résout pas, la crise politique qui a déjà cours en Allemagne - Angela Merkel est en quête de coalition pour gouverner depuis les législatives de septembre - pourrait bien se doubler d'une crise sociale, car le syndicat n'exclut pas le recours à la grève dure.

Sans avancée du patronat, il sera "extrêmement difficile de mener cette négociation salariale à bien en se bornant à des grèves d'avertissement", a prévenu ce week-end un responsable d'IG Metall, Roman Zitzelsberger.

Or IG Metall apparaît de son côté en position de force, porté par une conjoncture au beau fixe.

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