Scandale des laits infantiles contaminés : Lactalis dans la tourmente

Lactalis affirme que les contrôles internes aux salmonelles étaient négatifs dans l'usine de Craon

Salmonelle: une expertise conduite en septembre dans l'usine Lactalis de Mayenne n'a rien remarqué

Le Canard enchaîné révèle qu'une inspection sanitaire de routine du site de Craon aurait été effectuée au mois de septembre par la Direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCSPP), une instance de contrôle rattachée au ministère de l'Agriculture, mais n'aurait détecté aucune anomalie. Dès le mois d'août, des salmonelles avaient été repérées sur du matériel de nettoyage et sur les carrelages de l'usine...

Dans son édition du jour, le Canard Enchaîné dévoile des informations scandaleuses concernant le groupe laitier Lactalis, mis en cause pour son site de production de Craon en Mayenne, d'où provenaient les lots de laits infantiles contaminés aux salmonelles retirés du marché en décembre. Lactalis avait évoqué ces deux contrôles le 10 décembre dernier lors d'un entretien avec l'AFP. Onze jours plus tard, Lactalis procédait au rappel de l'ensemble de ses laits et autres produits infantiles issus de cette usine depuis février, reconnaissant qu'une " contamination dispersée [s'était] installée dans [l']usine de Craon suite à des travaux réalisés courant premier semestre 2017 ".

Interrogé par Allodocteurs.fr dans la matinée du 3 janvier, la direction de la communication de Lactalis précise que l'article du Canard enchaîné "ne contient rien de nouveau qui n'ait déjà été évoqué auprès des médias ou des autorités". Toutes les mesures de nettoyage et de contrôle nécessaires auraient alors été appliquées, et les analyses transmises aux autorités.

En face, Lactalis rétorque que "les autorités ont à disposition les résultats des audits en permanence". Le ministère affirme n'avoir "pas eu connaissance" des résultats des auto-contrôles menés par le groupe en août et en novembre qui avaient décelé, eux, des traces de salmonelles dans les bâtiments, mais pas sur les chaînes de production.

La plainte déposée par Quentin Guillemain a d'ailleurs conduit, note le palmipède, à l'ouverture d'une enquête préliminaire le 26 décembre dernier par le parquet de Paris pour mise en danger de la vie d'autrui, tromperie aggravée par le danger pour la santé humaine et inexécution d'une procédure de retrait ou de rappel d'un produit préjudiciable à la santé. Une situation qui indigne les parents d'enfants touchés par la salmonellose.

"Au mois d'août on parle d'une contamination qui aurait eu lieu au mois de mars, comme se fait-il qu'au mois d'août Lactalis découvre la présence de salmonelles sur son site et que rien ne soit fait?" Si les contrôles dans les laiteries sont stricts et nombreux (40 pour une brique de lait UHT avant sa sortie d'usine), tous savent que personne n'est à l'abri d'un tel scandale, sur des foyers de bactérie apparaissant facilement. Selon le Ministère de l'Agriculture, le contrôle portait sur une autre partie de l'usine. C'est à la fois incroyable et peu surprenant étant donné l'opacité de cette affaire.

De quoi susciter l'ire du président de l'Association des familles victimes du lait contaminé aux salmonelles, Quentin Guillemain.

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