Puigdemont jubile, Rajoy impuissant — Élections Catalogne

Forte participation à la mi-journée aux élections en Catalogne pour savoir si les indépendantistes vont obtenir la majorité au Parlement catalan. AFP

Forte participation à la mi-journée aux élections en Catalogne pour savoir si les indépendantistes vont obtenir la majorité au Parlement catalan. AFP

Les indépendantistes disposent à nouveau d'une majorité, mais réduite, et ils pourraient avoir du mal à former un gouvernement.

Le résultat est de fait mauvais pour le premier ministre espagnol Mariano Rajoy qui non seulement n'a pas découragé les indépendantistes et doit faire face au même adversaire dont la stratégie sera de chercher à démontrer en Europe que l'on muselle sa cause, pour gagner des soutiens, mais en plus son Parti populaire (PP) a perdu huit sièges (sur 11) en Catalogne, le pire score, au profit de Ciudadanos (centre droit), qui pourrait aussi gagner du terrain au-delà de la région.

La situation en Catalogne semble plus que jamais inextricable.

L'ancien vice-président du gouvernement de Catalogne Oriol Junqueras, et plusieurs autres dirigeants catalans sont en détention provisoire, ainsi que les chefs des deux principales associations séparatistes.

Pour ne rien arranger, le parti qui a obtenu le plus grand nombre de sièges (37) et 25% des voix est Ciudadanos. Le Parti socialiste catalan a, quant à lui, obtenu 17 députés, tandis que le parti conservateur Partido Popular n'a obtenu que 3 sièges. La priorité des indépendantistes est donc d'abord de négocier leur libération.

Forts de leur victoire aux élections régionales, les indépendantistes catalans doivent relever le défi de reprendre le pouvoir, avec leurs dirigeants en prison ou en exil et alors que Madrid maintient son intransigeance. Le quotidien espagnol indique que le parti "a réussi à capitaliser la plus grande partie du vote contre l'indépendance mais (...) n'a pas laissé de place aux partis qui auraient pu l'accompagner" dans la formation d'un gouvernement.

Police et justice espagnole continuent à enquêter sur le bloc indépendantiste et à poursuivre ses leaders (cf. DDM d'hier) avec pour conséquence, entre autres, la multiplication par la base séparatiste catalane de Comités de défense de la république (CDR) dans les quartiers et les villages, depuis les premières incarcérations. Par ailleurs, En Comú Podem a écarté toute possibilité de former une coalition avec un parti de droite. "Si je ne suis pas autorisé à être président, ce sera une anomalie pour le système démocratique espagnol".

Prié de dire s'il allait rencontrer le dirigeant indépendantiste Carles Puigdemont, actuellement réfugié en Belgique, il s'est contenté de répondre qu'il devait s'entretenir avec le parti Ciudadanos, hostile à l'indépendance et qui est arrivé en tête du scrutin devant le parti de Puigdemont. Et ce, alors même qu'il revendique de rétablir son gouvernement destitué, après la victoire électorale du camp indépendantiste. Néanmoins, il ajouté qu'au vu des difficultés de la campagne électorale et de celles à venir, les indépendantistes ne peuvent pas "sabrer le 'cava'". La sortie de crise est loin d'être imminente en Catalogne.

Le prochain exécutif de la Catalogne, qui sera formé suite aux élections régionales anticipées organisées jeudi dans cette région autonome, "sera soumis à la loi", a affirmé, vendredi à Madrid, le Président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy. En effet, son parti a subi un "naufrage", selon El País.

Les indépendantistes estiment quant à eux, qu'ils sortent renforcés du bras de fer qui les oppose à l'Espagne et considèrent à juste titre que Mariano Rajoy avait tout faux.

Toujours poursuivi pour sédition, rébellion et détournement de fonds, il risque d'être arrêté s'il rentre chez lui. "Si tel était le cas, l'application de l'article 155 de la Constitution, grâce auquel les élections ont été convoquées, ne serait plus considérée comme un coup d'épée dans l'eau mais plutôt comme un boomerang revenant en pleine figure de Rajoy".

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