Trois ex- dirigeants de Lafarge en garde à vue

Activités de Lafarge en Syrie une

Le président de LafargesHolcim reconnaît des erreurs en Syrie

Bruno Lafont, l'ex-directeur général Eric Olsen, DRH à l'époque des faits, et l'ex-directeur général adjoint opérationnel, Christian Herrault, sont entendus dans les locaux des douanes judiciaires (SNDJ) à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), a-t-on appris de sources proches du dossier.

Le logo du cimentier Lafarge au sigèe du groupe.

Ils ont été placés en garde à vue, a précisé une source judiciaire et pourraient ensuite être présentés aux juges d'instruction en vue d'une éventuelle inculpation.

L'ancien directeur de la cimenterie pour la période de 2008 à 2014 et son successeur ont dû répondre aux enquêteurs, les trois juges d'instruction en charge du l'affaire doivent se prononcer quant à une mise en examen pour ces trois cadres. Dimanche, le président du conseil d'administration du cimentier LafargeHolcim, Beat Hess, reconnaissait, dans un entretien au quotidien français le Figaro que des "erreurs inacceptables" ont été commises en Syrie.La justice française enquête sur les conditions dans lesquelles le groupe français - absorbé en 2015 par l'entreprise suisse Holcim - a maintenu en 2013-2014 ses activités en Syrie dans une zone de conflit, tenue notamment par l'Etat islamique (EI)."Il y a eu des erreurs inacceptables que le groupe regrette et condamne".

Le 9 juin dernier, le parquet de Paris a annoncé l'ouverture d'une information judiciaire pour financement d'entreprise terroriste et mise en danger de la vie d'autrui. Le cimentier lui aurait ainsi remis de l'argent, via un intermédiaire.

De juillet 2012 à septembre 2014, LCS a versé environ 5,6 millions de dollars à diverses factions armées dont plus de 500.000 dollars à l'organisation d'Abou Bakr al-Baghdadi, d'après un rapport rédigé en avril à la demande de LafargeHolcim par le cabinet américain Baker McKenzie. Les enquêteurs cherchent à désormais savoir si la direction du groupe en France a pu avoir été informée de tels agissements. De son côté, l'ex-PDG a toujours démenti avoir été informé. "Si rien ne me remontait, c'est que rien de matériel ne se produisait", avait-il assuré en janvier aux enquêteurs du SNDJ. Trois d'entre eux avaient reconnu des versements litigieux, dont Christian Herrault. Il "devait rendre nécessairement des comptes à des actionnaires", ajoutaient les enquêteurs.

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