Recomptage des voix après la présidentielle au Honduras

Un président sortant candidat malgré la Constitution un dépouillement très lent des accusations de fraude au Honduras ce cocktail explique les manifestations de violence alors que la présidentielle du 26 novembre n’a toujours pas de vainqueur

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Au terme du décompte manuel de plus de 1000 procès verbaux jugés " problématiques", lundi, huit jours après l'élection, le candidat de l'opposition Salvador Nasralla a annoncé en conférence de presse qu'il sollicitera auprès de l'Organisation des États américains (OEA) un nouveau dépouillement.

Certes, le Honduras n'est qu'un petit pays, mais l'issue de ce scrutin - toujours inconnue à l'heure où nous écrivons ces lignes, a une importance pour l'ensemble de la gauche latinoaméricaine et surtout le peuple hondurien, devenu le plus pauvre d'Amérique centrale durant cette décennie.

Donné en tête dans les premiers résultats partiels avant d'être doublé par le président sortant, Salvador Nasralla, de l'Alliance de l'opposition contre la dictature, a accusé le TSE d'avoir falsifié ces procès-verbaux pour inverser la tendance.

Juan Orlando Hernandez, qui s'est attiré les louanges des Etats-Unis pour les mesures fortes prises contre les gangs de narco-trafiquants, s'est également abstenu de se déclarer vainqueur alors qu'il l'avait fait à plusieurs reprises au cours de la semaine écoulée. Ce dernier, qui s'exprimait depuis le siège du Parti national (droite), s'est montré convaincu de sa réélection, une nouvelle qu'il a dit attendre avec une "grande impatience", tout en assurant que son geste à l'égard de l'opposition "n'était pas un signe de faiblesse, mais de force". L'état d'urgence a été décrété vendredi pour dix jours après des manifestations et des pillages de commerces ayant fait au moins trois morts.

Lundi soir, les membres des "Cobras", les unités de la police anti-émeute, soutenus par d'autres policiers, sont sortis de leurs casernes, situées dans le nord de Tegucigalpa, la capitale, pour signifier leur refus de faire appliquer le couvre-feu et réprimer les manifestants qui protestent depuis la semaine dernière contre le scrutin.

Les observateurs internationaux, présents pour surveiller le processus électoral, ont semblé se ranger du côté de Nasralla, qui affirmait lundi son refus d'accepter des résultats, "ni officiels ni définitifs".

Dans les rues du Honduras, ce couvre-feu a ainsi généré un chaos automobile et forcé les habitants à faire la queue devant les magasins. L'eurodéputée portugaise Marisa Matias, coordinatrice de la mission de l'Union européenne, a appelé le TSE à la prudence: "Ne proclamez pas de vainqueur, le processus n'est pas terminé". Selon le quotidien El Heraldo, plus de 1 300 personnes ont déjà été arrêtées pour ne pas l'avoir respecté.

Des centaines d'habitants du voisinage ont accouru pour les applaudir, certains arborant des pancartes portant l'inscription "J'aime la police".

A 18H00 locales (00H00 GMT mardi), heure de l'entrée en vigueur du couvre-feu, d'autres unités de la police sont arrivées à la caserne des "Cobras" pour leur apporter leur soutien, formant un cortège de motos et de véhicules de patrouille, toutes sirènes hurlantes.

En fait, l'opposition (Alianza de Oposición contra la Dictadura), qui nie la victoire du président sortant, demande la vérification de plus de 5 000 procès-verbaux litigieux (transmis après des pannes informatiques) alors qu'il y aurait seulement 52 000 voix d'écart entre les deux candidats.

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