Un rapport recommande la fin de la revalorisation automatique — SMIC

Les salaires des non-cadres ont suivi la hausse du Smic en 2017
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Les salaires des non-cadres ont suivi la hausse du Smic en 2017 AFP Archives LOIC VENANCE AFP Archives

Le groupe d'experts chargé de donner un avis au gouvernement sur l'évolution du salaire minimum remet en cause la revalorisation automatique du smic dans un rapport transmis aux partenaires sociaux, au risque de déchaîner un tollé des syndicats.

Dans son rapport annuel au gouvernement et aux partenaires sociaux, le groupe d'experts consulté chaque année depuis 2008 avant chaque revalorisation du smic préconise une remise à plat des règles de revalorisation. Celui-ci préconise l'arrêt de ces hausses exceptionnelles. Le smic nécessite donc d'être réformé, afin d'ailleurs de le rapprocher de ce qui existe dans les autres grands pays développés, car les modalités de revalorisation du smic n'existent pour aucun salaire minimum existant dans les autres pays développés.

La revalorisation automatique du smic repose en France sur l'inflation et l'évolution du pouvoir d'achat du salaire horaire de base des ouvriers et employés (SHBOE). Dans leur rapport, les experts assurent que le smic est déjà trop élevé et qu'il est inefficace pour lutter contre la pauvreté.

Le groupe d'experts propose de supprimer au moins la règle de l'indexation obligatoire sur la moitié du gain de pouvoir d'achat du SHBOE, voire ces deux critères. La polémique sur la réforme de la revalorisation du smic ne fait que débuter. "Elles renforceraient également le rôle de la négociation collective". Le niveau de la revalorisation du Smic pour 2018 sera annoncé d'ici le 20 décembre, précise le ministère.

"Supprimer toute règle d'indexation obligatoire (.) présente l'avantage de pouvoir maîtriser les hausses du salaire minimum dans les phases basses du cycle économique afin de préserver les emplois et d'allouer éventuellement plus de ressources aux mécanismes de lutte contre la pauvreté", disent-ils.

Le premier de ces deux chantiers devrait ainsi trouver une concrétisation dans le projet de loi du ministre des Finances, Bruno Le Maire, sur les entreprises, qui pourrait notamment étendre la participation et l'intéressement dans les PME.

Renouvelé en août, le groupe d'experts sur le Smic est présidé par Gilbert Cette, professeur d'économie associé à l'université d'Aix-Marseille, et se compose notamment des économistes Andrea Garnero (OCDE), Isabelle Méjean (Crest), Marie-Claire Villeval (CNRS) et André Zylberberg (CNRS et École d'économie de Paris). Mais Force ouvrière a aussitôt dénoncé ces propositions.

La composition du groupe d'experts a été profondément renouvelée durant l'été.

Le résultat ne s'est pas fait attendre, ajoute ce syndicat, qui estime que retenir ses propositions serait "serait une faute économique et sociale lourde de sens, accentuant l'image d'un gouvernement des riches".

"La CGT (.) n'acceptera nullement que ces préconisations soient traduites dans le futur projet de loi 'croissance des entreprises', par exemple", lit-on dans son communiqué. A deux semaines de la décision finale, c'est un coup dur pour les salariés touchant le salaire minimum.

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