Vaccin anti-dengue défecteux: Manille suspend sa campagne de vaccination

Sanofi s'efforce de rassurer sur son vaccin contre la dengue

Sanofi alerte sur son propre vaccin

Mercredi, le groupe pharmaceutique fabriquant le vaccin avait déconseillé l'utilisation du Dengvaxia, premier vaccin contre la dengue autorisé au monde, aux personnesn'ayant jamais été infectées.

Manille, Philippines | AFP | dimanche 03/12/2017 - Les Philippines ont annoncé vendredi la suspension d'une campagne de vaccination anti-dengue après que le groupe français Sanofi eut annoncé que ce vaccin déjà administré à des milliers d'enfants pourrait aggraver la maladie dans certains cas.

"Afin de préserver la population, les autorités sanitaires (Food and Drug Administration) ont demandé à Sanofi de cesser immédiatement la vente, distribution et commercialisation du Dengvaxia et d'organiser le retrait de Dengvaxia du marché (.)", précisent les autorités sanitaires dans un communiqué.

Or Manille avait lancé une campagne de vaccination à base de ce produit et plus de 730.000 enfants ont déjà été vaccinés depuis l'an dernier.

Un risque que l'Organisation mondiale de la Santé avait déjà identifié.

Cette interdiction est un coup dur pour Sanofi, dans la mesure où les études de marché et les projections montraient que Dengvaxia aurait pu générer des ventes annuelles d'environ 842 millions d'euros.

L'OMS a de son côté " recommandé ", à titre provisoire et par " précaution ", que le vaccin Dengvaxia " ne soit administré qu'aux personnes dont on sait qu'elles ont été infectées par la dengue avant la vaccination ".

Le gouvernement du Brésil, où la dengue représente un défi sanitaire majeur, a confirmé qu'il avait lui aussi recommandé un usage restreint du vaccin, autorisé fin 2015, ne suspendant pas ainsi totalement son usage.

Une ONG philippine, les Volontaires contre le crime et la corruption, assure avoir reçu la signalisation de trois décès d'enfants vaccinés en 2016, ce que conteste Sanofi.

M. Duque a souligné que le gouvernement philippin n'avait reçu pour l'instant aucun signalements de problèmes liés à Dengvaxia: "actuellement, il n'y a pas de cas d'infection grave à la dengue parmi ceux qui ont été vaccinés", a-t-il déclaré à la presse.

Le ministère philippin de la Justice a ordonné lundi une enquête pour "atteinte présumée à la santé publique (.) et, si les preuves le justifient, lancer les mises en accusation adéquates".

Dans un communiqué publié aux Philippines, le laboratoire français affirme aussi que de nouvelles études cliniques montrent une baisse significative des hospitalisations chez les personnes de neuf ans et plus vaccinées avec le Dengvaxia.

L'OMS avait écrit en juillet 2016 que "la vaccination pourrait être inefficace et pourrait même théoriquement augmenter le risque futur d'hospitalisation ou de grave infection par la dengue chez les personnes séronégatives au moment de la première vaccination, quel que soit l'âge". Mais il existe des formes hémorragiques qui se sont beaucoup multipliées ces dernières années, qui peuvent entraîner des syndromes de choc, voire un décès. Cependant, "pour ceux qui n'avaient pas été précédemment infectés (.), l'analyse a révélé qu'à plus long terme, davantage de cas de maladie grave pourraient survenir après la vaccination en cas d'infection à la dengue".

Sanofi avait initialement annoncé que son vaccin était "crucial" dans la lutte contre la dengue, le plus répandu des virus transmis par les moustiques dans le monde.

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