La justice saisie — Affaire Laporte-Altrad

Affaire Laporte: la FFR

Affaire Laporte : la ministre des Sports Laura Flessel transmet le dossier à la justice

L'enquête est terminée. Et Bernard Laporte, accusé de favoritisme envers Mohed Altrad, le président du club de Montpellier, n'a semble-t-il pas convaincu.

Si le sport n'est pas, en soi, un sujet sérieux, il peut vite le devenir dès lors qu'on est suspecté d'avoir enfreint certaines règles.

Le ministère des Sports a annoncé lundi qu'il va transmettre à la justice son rapport sur les pressions dont est soupçonné le président de la Fédération française de rugby (FFR) Bernard Laporte dans l'affaire des sanctions contre le club de Montpellier.

Pour mémoire, le 13 août dernier, Le Journal du Dimanche avait révélé l'existence d'un contrat, pour un montant de 150.000 euros entre BL Communication, une société appartenant à Laporte, et le groupe de matériel de BTP Altrad. Quinze jours plus tard, Bernard Laporte annonçait renoncer au contrat - dont Mohed Altrad avait dans un premier temps nié l'existence - mais le mal était fait et la ministre Laura Flessel saisissait fin août l'Inspection générale de la jeunesse et des sports (Igjs).

La sanction, non notifiée par écrit dans l'immédiat, prévoyait une amende de 70.000 euros et un match de suspension pour le stade de Montpellier, conséquence d'une révocation de sursis. Car cette discussion "a précédé un changement de décision de la part des membres de la Commission". Mais, toujours d'après les conclusions de l'Igjs, cette sanction a bien été revue à la baisse le lendemain - 20.000 euros d'amende, pas de suspension de stade -, après un coup de fil de Bernard Laporte au président de la commission d'appel Jean-Daniel Simonet, explique le ministère. Il relève deux points qui vont embarrasser le patron du rugby français.

Un an après son élection, Bernard Laporte risque fort de se retrouver face à des enquêteurs qui auront des moyens largement supérieurs pour aller au bout des investigations le concernant. "C'est pour ça que le rapport est transmis au procureur", ajoute le ministère, qui n'a pas précisé à quel parquet il a transmis le dossier. Un coup de téléphone néanmoins suffisamment persuasif pour que Jean-Daniel Simonet répercute l'information afin de faire changer d'avis plusieurs membres de la Commission.

La justice va bien être saisie du cas Bernard Laporte.

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