" Le masculin l'emporte sur le féminin " : une règle de grammaire obsolète ?

Pour la signataires cette règle conduit à accepter la domination d'un sexe sur l'autre./DDM

Pour la signataires cette règle conduit à accepter la domination d'un sexe sur l'autre./DDM

"Nous, enseignantes et enseignants (.) déclarons avoir cessé ou nous apprêter à cesser d'enseigner la règle de grammaire résumée par la formule 'Le masculin l'emporte sur le féminin'". Cette dernière consiste à accorder le ou les mots se rapportant à plusieurs substantifs de genre différents au masculin. Les signataires y ont exposé chacunes des raisons qui les poussent à modifier leurs méthodes d'enseignement de la langue française.

Des arguments étayés par bien d'autres dans la tribune publiée par Slate.

"La première est que cette règle est récente dans l'histoire de la langue française, et qu'elle n'est pas nécessaire". "Auparavant, les accords se faisaient au gré de chacun·e comme c'était le cas en latin et comme c'est encore souvent le cas dans les autres langues romanes", affirment-ils.

"Nous n'enseignerons plus que " le masculin l'emporte sur le féminin ".

Ils citent ainsi les défenseurs de cette réforme de la langue, qui assumaient de défendre un masculin "plus noble". Cela s'explique par le contexte historique français où les femmes n'ont pas eu de droits politiques et n'ont pas eu le droit d'aller à l'école avant longtemps. Ils produisent des systèmes de représentations mentales dans lesquelles le genre féminin est subordonné au genre masculin.

"Une règle qui a assez duré selon les signataires de la tribune". La répéter au sein des écoles conforte les stéréotypes de genre. L'égalité dans la langue aussi, est nécessaire.

De même, les signataires appellent toute la société: corps enseignant, presse, édition, écrivain, correcteurs, citoyens ainsi que le Ministère de l'Éducation nationale à appliquer ces nouvelles règles.

Marlène Schiappa a jugé jeudi "problématique" la décision de certains professeurs de français de changer les règles d'accord des adjectifs, même dans un souci d'égalité femmes-hommes, tout en saluant le débat à ce sujet. La secrétaire d'État conclut: " on peut avoir le débat sémantique de la place des femmes dans le langage sans en faire l'alpha et l'oméga du débat de l'égalité entre les femmes et les hommes à notre époque ".

"Mais je pense que si le débat doit être porté par des grammairiens et des grammairiennes, il peut l'être évidemment", a-t-elle ajouté.

"Je suis très favorable à féminiser le langage", à dire par exemple "celles et ceux, les Françaises et les Français, les policières et les policiers etc", afin de "ne pas +invisibiliser+ les femmes".

Pour lire entièrement la tribune sur Slate c'est à cette adresse.

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