L'État français savait-il — Lafarge en Syrie

Le président du Conseil constitutionnel Laurent Fabius ancien ministre des Affaires étrangères pourrait être auditionn

Le président du Conseil constitutionnel Laurent Fabius ancien ministre des Affaires étrangères pourrait être auditionn

Le cimentier est soupçonné d'avoir financé indirectement des organisations jihadistes dont l'État islamique, pour continuer à faire fonctionner en 2013 et 2014, malgré le conflit, sa cimenterie de Jalabiya, au nord de la Syrie. Elle demande l'audition de Laurent Fabius, ancien ministre des Affaires étrangères. "L'État doit être exemplaire, les juges doivent donc rechercher son éventuelle responsabilité". Le ton est donné.

"La justice française ne doit oublier aucun acteur dans cette affaire", estime la responsable du contentieux de Sherpa, Marie-Laure Guislain. Mercredi 11 octobre, l'association a demandé que Laurent Fabius, actuel président du Conseil constitutionnel et ancien ministre des Affaires étrangères, et deux anciens ambassadeurs de France en Syrie, Éric Chevallier et Franck Gellet, soient entendus par les juges d'instruction, selon les informations de Franceinfo confirmées à l'Agence France-Presse. Une demande "d'acte" a été déposée cette semaine auprès des juges d'instruction du tribunal de Paris.

Selon un ancien responsable du groupe, la branche syrienne de Lafarge, Lafarge Cement Syria (LCS), aurait notamment versé "de l'ordre de 20.000 dollars" par mois à l'organisation d'Abou Bakr al-Baghdadi pour que cette dernière laisse circuler les camions du cimentier.

A ce jour, quatre anciens employés syriens ont été entendus par les magistrats instructeurs.

Depuis le mois de juin, trois juges ont ouvert une enquête sur des soupçons de financement du terrorisme et de mise en danger de la vie de ses salariés à l'encontre du groupe français.

Fin 2011, alors que la situation se complique en Syrie et que les entreprises françaises quittent le territoire, Lafarge prend la décision de se maintenir, appuyé par le Quai d'Orsay à en croire les déclarations de Christian Herrault, ancien directeur général adjoint opérationnel du groupe. Certains auraient même dit que le Quai d'Orsay les aurait poussé à rester en Syrie malgré la guerre.

Une source diplomatique indique au contraire à nos confrères que le ministère des Affaires étrangères aurait "alerté le groupe sur les risques encourus à rester en Syrie".

On n'en sait rien à ce stade mais la meilleure manière de le savoir est d'entendre les responsables du Quai d'Orsay de l'époque.

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