Prison ferme pour des antifas

La justice rend mercredi 11 octobre sa décision contre des militants antifascistes accusés d’avoir participé à l’attaque violente d’une voiture de police à Paris en 2016

Voiture de police incendiée: le jugement des antifas attendu sous haute-tension

La justice française a condamné mercredi sept "antifascistes", dont un militant dans le viseur des renseignements et un Suisse en fuite, après l'attaque retentissante d'une voiture de police, incendiée à Paris en mai 2016. Accusé d'avoir porté les coups au policier encore dans la voiture, il vient d'être condamné à 5 ans de prison (dont deux avec sursis). Le procureur a requis quatre ans de prison ferme contre ce grand brun, qui a effectué dix mois de détention provisoire et qui a montré un calme parfait tout au long de son interrogatoire au tribunal. Joachim L. est celui qui a écopé de la peine maximale: 7 ans de prison; mais il a été condamné en son absence et la police le soupçonne de vivre en Suisse.

Nicolas Fensch, coupable d'avoir frappé un des policiers et le véhicule est condamné à 5 ans de prison dont 2 ans et demi avec sursis.

Pour le président, c'est bien l'étudiant de 23 ans qui a frappé à coups de poing un policier assis dans sa voiture, avant de briser le pare-brise arrière.

Le président s'est appuyé sur le témoignage controversé d'un policier anonyme, et des indices allant de la couleur d'un caleçon à des bagues pour trouver une "corrélation parfaite entre l'auteur des faits" et le descendant de l'écrivain Georges Bernanos, qui a toujours contesté.

Pendant le procès, Antonin Bernanos avait refusé de condamner "moralement" l'agression. Il est actuellement recherché et visé par un mandat d'arrêt. Les peines requises par le parquet s'échelonnaient de douze mois de prison avec sursis - pour trois jeunes hommes accusés d'avoir participé à un " groupement formé en vue de commettre des violences ", sans toutefois passer à l'acte - à huit ans de prison ferme pour Joachim Landwehr. Le second a été condamné à une amende de 1000 euros pour refus de prélèvement ADN.

Après la lecture du délibéré, de nouveaux slogans ont retenti devant la salle et les militants présents ont été évacués par les gendarmes.

Un collectif antifasciste a d'ores et déjà appelé à la mobilisation et devrait se réunir dans le Palais de justice de Paris, dès 10 h, au moment où doit être rendu le délibéré, "pour accueillir le rendu comme il se doit".

La voiture de police en flammes, le 18 mai 2016. Sur un film ayant fait le tour du monde, on voit des assaillants vêtus de noir et le visage masqué donner des coups de pied au véhicule, défoncer des vitres et y jeter une fusée de détresse, la voiture s'embraser et l'un des policiers recevoir des coups de barre de fer. La voiture s'embrase. Les images deviennent virales et le Premier ministre Manuel Valls réclame des sanctions "implacables".

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