Terrorisme. Greenpeace alerte sur la sécurité des centrales nucléaires

Alexandre MARCHI  MaxPPP

Alexandre MARCHI MaxPPP

Ces parties sont les installations qui contiennent le plus de radioactivité dans les centrales nucléaires. Greenpeace estime qu'en cas d'attaque extérieure, "si une piscine est endommagée et que de l'eau s'écoule, le combustible n'est plus refroidi". Verdict? "Nous connaissons un déficit historique de la protection de nos installations", résume l'un des experts.

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Faisant appel à l'analyse de divers spécialistes en sûreté nucléaire, en sécurité, en radioprotection ou en économie, l'expertise indépendante avait pour objectif de dresser un état des lieux de la sécurité des centrales nucléaires en France et en Belgique, ainsi que d'évaluer les différentes mesures de renforcement mises en place au cours des dernieres années.

Greenpeace Belgique transmettra le rapport confidentiel complet à l'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN), au Centre de crise et au ministre de l'Intérieur Jan Jambon, compétent en matière de sécurité nucléaire. Le rapport souligne par ailleurs le fait qu'aucune instance en France ne soit dédiée à la la sécurité nucléaire. "Ces bassins de refroidissement sont de grandes piscines où les barres de combustible sont entreposées pour les refroidir après avoir été utilisées dans le réacteur", lit-on sur le site de Greenpeace. Selon l'ONG, leurs conclusions sont alarmantes, notamment sur le risque lié aux piscines d'entreposage du combustible usé. Du côté de Greenpeace, on explique que même si les centrales nucléaires ne semblent pas avoir été la cible privilégiée des terroristes jusqu'à maintenant, il leur semble normal d'explorer une telle piste. Il y a trop d'inconnues sur ce type de cible, le terroriste ne peut jamais être certains d'atteindre les bâtiments les plus sensibles d'un site nucléaire avec un avion ou un missile, ni du sens du vent qui peut possiblement écarter les nuages radioactifs des bassins de population, poursuit-il. Une catastrophe nucléaire pourrait mettre en danger les populations dans un rayon jusqu'à 250 km, soit, pour des centrales comme Bugey, Fessenheim ou Gravelines, l'évacuation de "millions de personnes", selon David Boilley. "Il faut briser l'omerta sur les risques qui planent sur les centrales nucléaires", estime Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire pour Greenpeace France.

Crash d'avions, comme pour l'attaque contre le World Trade Center, chute d'un hélicoptère bardé d'explosifs, attaque aux missiles antichar ou attaque interne, menée par des terroristes infiltrés au sein des équipes de EDF ou d'une entreprise sous-traitante... Le parc nucléaire français, qui compte actuellement 58 réacteurs en activité, assure 75% de la production d'électricité en France.

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