Macron entérine une réforme "indispensable" du droit du travail — France

Manifestation contre la loi Travail le 27 mai 2016 à Marseille

Manifestation contre la loi Travail le 27 mai 2016 à Marseille. |:BORIS HORVAT AFP

La France a vécu une deuxième journée de mobilisation ce jeudi 21 septembre en manifestant contre les ordonnances que le président Emmanuel Macron veut imposer pour réformer le Code du travail.

Cette fois-ci encore, les instances dirigeantes de FO, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC n'ont pas appelé à rejoindre le mouvement et la CGT les a appelés à l'unité. Ils étaient 16.000, selon les forces de police.

Après la première journée d'actions (CGT, Solidaires, FSU, Unef) du 12 septembre, celle de jeudi a marqué le pas, selon les chiffres recueillis par l'AFP auprès des organisateurs et des autorités.

Pour le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, interrogé par Brut sur Facebook, le combat "est loin d'être gagné", et se poursuivra avec les prochaines manifestations comme celle des routiers, prévue à partir du 25 septembre.

"Fainéants de tous les pays, unissez-vous", "Séparation du pouvoir et du Medef" ou encore "La loi Macron, c'est pour les patrons": à Paris, Rennes, Nîmes, Marseille ou Caen, les slogans et pancartes rivalisaient de créativité. Un "non respect de l'engagement", ont fustigé certains syndicats, mais le gouvernement a refusé de revoir sa copie. "On est là pour défendre le sort des salariés".

Les syndicats dénoncent un "recul social", tout comme le parti de la gauche radicale, La France Insoumise (LFI). La mobilisation ne fait que "commencer", a assuré son leader Jean-Luc Mélenchon, faisant remarquer les nombreuses fédérations FO qui défilaient jeudi alors que leur direction n'appelle pas à la grève. Des jets de projectiles et des dégradations ont été constatés dans le défilé parisien. Cette réforme fait ainsi le pari de la confiance et de l'intelligence collective des entreprises, des salariés et de leurs représentants, au premier rang desquels les organisations syndicales " (CR du 22 septembre) - dont le chef de l'Etat et ses ministres ne relèvent pas publiquement la division, ni l'opposition qui s'est traduite par une manifestation la veille.

"Je crois en la démocratie, mais la démocratie, ce n'est pas la rue", a tranché Emmanuel Macron mardi sur la chaîne CNN International. S'il y a consensus entre les syndicats français pour dire que cette loi risque d'affaiblir les droits des salariés - une vision que partagent les Français selon les sondages - nombre d'entre eux n'ont pas appelé à manifester. Elles doivent en effet au préalable faire l'objet de décrets d'application publiés dans les prochaines semaines (et dans un délai légal maximum de six mois).

"En complément du préavis déposé auprès du ministre de l'Action et des Comptes publics le 10 octobre, la fédération CGT des services publics dépose donc des préavis de grève de 0 à 24 heures concernant les salariés relevant de la partie privée de son champ fédéral (entreprises de l'eau et de l'assainissement, thanatologie, secteur privé du logement social)", précise-t-elle dans son texte.

"A contre-courant des critiques syndicales, la principale association de DRH a salué mercredi des ordonnances "très positives", qui vont "moderniser" et simplifier" la vie des entreprises, quand Pierre Gattaz, le patron du Medef, s'est de nouveau réjoui de la réforme, la qualifiant de "belle avancée".

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