L'Arabie saoudite suspend ses contacts avec le Qatar — Crise du Golfe

La seule frontière terrestre du Qatar avec l'Arabie saoudite est fermée le 23 juin 2017  AFP  Archives

La seule frontière terrestre du Qatar avec l'Arabie saoudite est fermée le 23 juin 2017 AFP Archives

Le prince héritier saoudien Mohamed Bin Salmane a reçu un appel de la part de l'émir de Qatar.

Mais peu après, un porte-parole officiel saoudien a fait savoir que Ryad suspendait tout dialogue et tout contact avec le Qatar, en attendant que celui-ci clarifie ses positions.

Samedi avant l'aube, l'agence officielle saoudienne SPA a indiqué que l'émir du Qatar avait appelé au téléphone le prince héritier saoudien pour exprimer son "désir de s'asseoir à la table du dialogue" et résoudre la crise.

De son côté, l'agence de presse qatarie QNA a rapporté que les deux interlocuteurs "ont souligné la nécessité de résoudre la crise en s'asseyant à la table du dialogue pour garantir l'unité et la stabilité des pays du Conseil de Coopération du Golfe (CCG)".

Ils ont aussi imposé au petit mais richissime émirat gazier des sanctions sans précédent, notamment un blocage des voies d'accès maritimes, aériennes et terrestres. Ces pays lui reprochent de soutenir des groupes extrémistes et de s'être trop rapproché de Téhéran, grand rival de Ryad, chef de file des monarchies arabes du Golfe.

L'émissaire de Doha a affirmé que les prétendues preuves d'un financement du terrorisme par le Qatar, avancées pour justifier le "blocus", avaient été fabriquées de toutes pièces. Pas de cadeaux non plus pour les "responsables religieux" qui nourrissent la crise entre le Qatar et ses voisins en soufflant sur les braises "en violation des valeurs et principes" de l'islam.

L'émir du Qatar appelle le prince héritier saoudien et se dit prêt à dialoguer
Une reprise de contact entre l'Arabie saoudite et le Qatar tourne court

"Ceci prouve que les autorités du Qatar ne sont pas sérieuses dans leur désir de dialogue", a déclaré le porte-parole saoudien, avant d'indiquer que son pays "suspend tout dialogue et tout contact avec le Qatar jusqu'à ce qu'il clarifie sa position".

L'agence qatarie a ajouté que l'Emir Tamim a accepté la demande du Prince héritier saoudien, de charger plusieurs délégués d'examiner les questions en suspens, sans compromettre la souveraineté des Etats.

Selon ce porte-parole, "l'inconsistance de la politique du Qatar n'aide pas à renforcer la confiance nécessaire" au règlement de la crise.

Le Qatar nie soutenir des groupes extrémistes et accuse ces pays d'empiéter sur sa souveraineté.

En dépit de la persistance de la crise de confiance entre Ryad et Doha, la prise de contact est en elle-même "significative", estime l'analyste Kristian Ulrichsen, du Rice University's Baker Institute for Public Policy.

Dernières nouvelles