PSA plombé par les accusations de la DGCCRF sur ses moteurs diesel

Le constructeur français soupçonné d'avoir délibérément faussé le calcul des émissions de NOx de ses moteurs. AFP

Le constructeur français soupçonné d'avoir délibérément faussé le calcul des émissions de NOx de ses moteurs. AFP

Ces révélations s'inscrivent dans le cadre d'une enquête judiciaire visant PSA, conduite depuis avril par des juges d'instruction, pour des soupçons de tromperie dans l'affaire du "dieselgate " (*).

Comment PSA a fraudé les tests?

De son côté, le constructeur "dément toute stratégie frauduleuse et réaffirme avec force la pertinence de ses choix technologiques", a réagi la société (marques Peugeot, Citroën et DS) dans un communiqué transmis à l'AFP.

Pour le prouver, le groupe avait publié ses propres résultats de test réalisés en condition réelle de conduite, qui montraient des performances correctes. En comparaison, le bénéfice net de PSA au premier semestre 2017 était de 1,256 milliard d'euros. Selon Le Monde, c'est là que les enquêteurs ont trouvé l'explication de la fraude. Bien qu'il dispose d'une technologie plutôt performante pour la réduction des émissions polluantes, baptisée SCR (selective catalyst reduction), PSA aurait paramétré ses moteurs selon deux modes de fonctionnement: un mode 'LowNox' qui "abaisse les Nox (oxydes d'azote) mais augmente la consommation et réduit le brio [reprise] du véhicule " et un mode 'LowCO2' qui "réduit la consommation, favorise le brio mais augmente de manière significative les NOx", indique le rapport. L'intérêt est double: passer sans encombre les tests d'homologation et proposer aux clients des véhicules plus attractifs, en bridant le système de dépollution qui entraîne une reprise plus poussive et une surconsommation de carburants.

Le groupe PSA risque une amende de 5 milliards d'euros selon le procès-verbal d'infraction de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), auquel les journalistes du Monde ont eu accès. La DGCCRF affirme que neuf modèles du groupe, dont les Peugeot 208, 807 et 5008 et les Citroën C3 et C5, sont concernés. Selon la DGCCRF, cette stratégie aurait été "élargie pour les moteurs Euro 6", commercialisés depuis septembre 2015. Les enquêteurs avaient estimé que Volkswagen avait écoulé 946.097 véhicules équipés de son logiciel truqueur, pour un chiffre d'affaires de plus de 22 milliards d'euros. Quant à Renault, on parle de 898.557 voitures, pour près de 17 milliards. Cela pourrait engager la responsabilité personnelle des dirigeants passés de PSA, voire du dirigeant actuel Carlos Tavares. Jean-Martin Folz (PDG de 1997 à 2007), Christian Streiff (2077-2009) et Philippe Varin (2009-2014) sont également cités comme responsables présumés, cette fois en tant que personnes physiques.

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