Union européenne : Merkel veut stopper les négociations d'adhésion avec la Turquie

Angela Merkel s'est dite favorable à un arrêt des négociations sur l'adhésion turque à l'UE lors d'un débat face à Martin Schulz dimanche

Angela Merkel s'est dite favorable à un arrêt des négociations sur l'adhésion turque à l'UE lors d'un débat face à Martin Schulz dimanche. Image Getty

Mais aux yeux de Martin Schulz, Recep Tayyip Erdogan est allé trop loin et l'Allemagne doit siffler la fin de la partie.

"Je ne vois pas l'adhésion arriver et je n'ai jamais cru que cela puisse survenir", a encore expliqué Angela Merkel, ajoutant que la question était seulement de savoir qui de la Turquie ou de l'UE "fermerait la porte" en premier.

Réagissant plus tôt ce lundi dans une tirade enflammée sur Twitter, le porte-parole du président turc Recep Tayyip Erdogan, Ibrahim Kalin, a pour sa part critiqué le "manque de vision" de la chancelière allemande. Il a aussi accusé Berlin de "soumission au populisme et à la marginalisation, ce qui ne fait que nourrir la discrimination et le racisme".

A l'heure où Bruxelles, Paris et Berlin menacent de sanctions des Etats membres de l'Union européenne (UE) - la Hongrie et la Pologne - pour non-respect de règles communes, maintenir ouvertes des négociations d'accession avec un autocrate qui, pris dans une spirale de répression, emprisonne les journalistes à tour de bras, y compris ceux de l'Union européenne, est, c'est vrai, difficilement justifiable. Dans un communiqué, son ministère a en outre accusé les dirigeants politiques allemands d'encourager l'"islamophobie", soulignant l'aide de la Turquie pendant l'"important chaos" causé par l'arrivée de nombreux réfugiés en Europe, en 2015. "Nous continuerons les échanges", a commenté avec prudence la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini. "De toute façon avec lui j'ai l'habitude", a-t-elle déclaré.

Les pourparlers d'adhésion de la Turquie à l'UE ont commencé en 2005. Le 2 mai dernier, le président turc avait menacé de dire "au revoir" à l'Union européenne si celle-ci n'ouvrait pas de nouveaux chapitres de négociations avec Ankara. Des déclarations qui ajoutent un nouvel épisode à la passe d'armes de plus en plus virulente entre les deux pays alliés dans l'Otan. Les sujets de discorde et de tension s'accumulent depuis plusieurs mois, avec notamment des citoyens européens et binationaux mis en détention pour des raisons politiques.

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