Pourquoi la France va armer ses drones de renseignement et de surveillance

Les Reaper tricolores en armes en 2019

France et Italie préparent un géant du naval militaire, dit Parly

Des drones tricolores armés, c'est désormais officiel. Une façon de justifier une décision sur un sujet sensible, qui a fait polémique dans d'autres pays, notamment aux Etats-Unis. Enfin, avec cette décision, la France acquiert, selon la ministre, "une capacité clé du combat de demain, comme l'ont été, à leur époque, le blindé ou l'avion". En Europe, l'Italie a obtenu en 2015 l'autorisation des Etats-Unis d'armer ses drones américains Reaper.

Ces drones feront peser une menace permanente sur les groupes armés terroristes, en particulier au Sahel, grâce à leur discrétion mais aussi et surtout grâce à leur grande autonomie.

Si une cible est repérée, ces drones pourront être engagés beaucoup plus rapidement qu'un avion pour la "neutraliser". "Ainsi, nous gagnons en efficacité et nous limitons le risque de dégâts collatéraux", a déclaré Florence Parly.

Ce nouvel usage permettra également d'optimiser l'emploi des avions de combat et leurs ravitailleurs ou hélicoptères, "plus rapides, plus puissants mais également plus lourds dans leur mise en œuvre", estime Florence Parly. Jusqu'à présent, les drones servaient uniquement à réaliser d'importantes mais coûteuses missions de renseignements.

Mais cette annonce ne fait pas l'unanimité.

Quant au calendrier, l'armée de l'air espère une capacité opérationnelle à l'horizon 2019, correspondant à la livraison de Reaper Block 5, qui pourraient donc être nativement équipés d'un armement.

Anticipant "les craintes" que ces armes pilotées à distance suscitent, Florence Parly a insisté sur le fait qu'il ne s'agissait pas de "robots tueurs" et qu'ils seraient utilisés avec les mêmes règles d'engagement que les armes actuelles. "Qu'il s'agisse d'un canon Caesar, d'un missile de croisière, d'un Rafale, si l'opérateur est physiquement éloigné de l'objectif, l'homme n'en est pas moins au cœur de l'engagement du feu.

Ils sont devenus des moyens incontournables dans les opérations que nous menons au Sahel, où nos Reaper permettent de surveiller, d'identifier et de suivre les cibles" (.) A l'avenir, avec la décision que j'annonce aujourd'hui, les drones armés permettront d'allier en permanence la surveillance, l'endurance dans la discrétion et la capacité de frappe, au moment le plus opportun. "Il en ira de même pour les drones".

"Mais à moyen terme, le futur drone européen dont nous réalisons les études en coopération avec l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne sera également doté d'armement", a ajouté la ministre au lendemain d'une démonstration du drone européen développé par Dassault Aviation, le Neuron.

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