Des ONG obligées de suspendre les sauvetages en mer — Migrants

Un bateau pneumatique avec 129 migrants à bord en mer Méditerranée le 1er août

Un bateau pneumatique avec 129 migrants à bord en mer Méditerranée le 1er août

Depuis une semaine, les secouristes présents à son bord n'ont pas aperçu d'embarcation de migrants, mais dimanche en milieu de journée, ils ont de nouveau croisé le C-Star, affrété par le groupe d'extrême droite "Génération identitaire" pour afficher son désaccord avec les opérations des humanitaires.

Dans un communiqué publié sur son site internet, l'ONG explique que sa décision fait notamment suite à l'annonce par les autorités libyennes de "l'établissement d'une zone de recherche et sauvetage" et de "la limitation de l'accès des bateaux humanitaires aux eaux internationales au large des côtes libyennes". Elle ne veut pas mettre en danger ses équipages après la décision de Tripoli d'interdire aux navires étrangers de naviguer dans ses eaux. Le lendemain, l'ONG allemande Sea Eye faisait une annonce similaire.

"La poursuite de nos opérations de secours n'est pas possible dans ces circonstances, et nous ne pouvons pas les justifier auprès de nos équipages", a déclaré le fondateur de Sea Eye, Michael Buschheuer. En revanche, le Golfo Azzurro de l'ONG espagnole Proactiva Open Arms se préparait à repartir "dans les prochaines heures" pour la zone des secours après un ravitaillement à Malte.

L'Aquarius patrouille depuis dix jours à 20 milles nautiques au nord de la Libye -une distance à laquelle on peut distinguer les côtes libyennes depuis le bateau-, en se retirant à 30 milles la nuit.

Dimanche, le gouvernement italien s'est pour sa part félicité du contrôle maritime accru de la Libye.

Au cours des six derniers mois, le nombre de migrants arrivant en Italie a fortement baissé et Rome a entamé une collaboration plus étroite avec les gardes-côtes libyens.

Pour Angelino Alfano, la moindre présence des ONG, accusées par leurs détracteurs d'être devenues des "taxis" de migrants, est plutôt positive.

Et selon lui, "les enquêtes de quelques procureurs siciliens ont créé le contexte +culturel+ approprié pour obtenir le code des ONG". MSF est la seule ONG a ne pas l'avoir encore signé.

"Nous avons fait deux choix: celui de soustraire des gains criminels aux trafiquants - parce que moins il y a de personnes qui partent, moins cela rapporte aux trafiquants - et celui de financer les agences de l'ONU - l'UNHCR et l'OIM - pour assurer des normes respectueuses des droits humains dans les camps libyens", a insisté Angelino Alfano.

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