" "Macron justifie son " aggiornamento " au sujet de Bachar Al-Assad

Emmanuel Macron lors de la commémoration de l'Appel du 18 juin le 18 juin 2017 au Mont-Valérien

Emmanuel Macron lors de la commémoration de l'Appel du 18 juin le 18 juin 2017 au Mont-Valérie

Sur la Syrie, "mes lignes sont claires", énonce Emmanuel Macron. Le Président français a été clair en indiquant: Oui, " s'il est avéré que des armes chimiques sont utilisées sur le terrain et que nous savons en retracer la provenance ", la France pourra frapper seule " pour détruire les stocks d'armes chimiques identifiés ".

Priorité à la lutte antiterroriste, rapprochement avec Moscou: Emmanuel Macron a officialisé la nouvelle realpolitik française sur la Syrie, actant la fin d'une diplomatie qui réclamait le départ du président Assad et plaçait la résolution politique du conflit au cœur du dossier.

Dans un entretien accordé à plusieurs journaux européens, publié le 22 juin, Emmanuel Macron a assuré que la destitution de Bachar El-Assad n'était pas un préalable à la résolution du conflit syrien. Les États-Unis, à la tête de la coalition antidjihadiste, avaient affirmé, pour leur part, vouloir rétablir avec la Russie ce canal de communication militaire qui "a très bien fonctionné sur les huit derniers mois".

" Le vrai aggiornamento que j'ai fait à ce sujet, c'est que je n'ai pas énoncé que la destitution de Bachar el-Assad était un préalable à tout ", rappelle Emmanuel Macron. Emmanuel Macron a justifié son point de vue en reconnaissant que "personne ne m'a présenté son successeur légitime". Il a également appelé à l'élaboration d'un nouveau plan pour la Syrie, ce qui favoriserait la lutte contre les groupes terroristes. "Ce sont eux, nos ennemis", a-t-il fait valoir, ajoutant qu'il ne voulait pas que la Syrie devienne un "État failli [en théorie des relations internationales, un État qui n'exerce plus d'autorité sur son territoire]". (.) Deux: "la stabilité de la Syrie, car je ne veux pas d'un Etat failli".

Mais ce n'était clairement plus la priorité. Des propos qui laissaient penser qu'il penchait à l'époque pour une solution impliquant le départ de Bachar el-Assad. Après tout, Al-Assad ne tue "que" des Syriens alors que la priorité de la France est de combattre ceux qui sèment la terreur dans l'Hexagone. "On ne peut pas continuer comme ça".

Si ce mantra aura été une constante de l'administration Hollande, la fin de son mandat a été marquée par l'élection de Donald Trump et un revirement stratégique annoncé par ce dernier sur la question.

Fidèle allié des États-Unis, l'équation se compliquait alors sérieusement pour Paris, qui préféra finalement ne pas froisser Washington et mis donc de l'eau dans son vin. Pour rappel, en 2012, Laurent Fabius, alors le patron du Quai d'Orsay, tonnait contre un " M. Bachar el-Assad (qui) ne mériterait pas d'être sur la Terre ", estimant que " le régime syrien devait être abattu et rapidement".

Illustration: Versailles, Macron et Poutine jettent les bases des futures relations franco-russes.
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