Filière jihadiste de Cannes-Torcy: un verdict "scandaleux" pour les victimes

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AFP Météo aux assises de Paris en pleine canicule on"enlève la robe

Depuis deux mois, vingt hommes - dont trois en fuite - sont jugés devant la cour d'assises spéciale de Paris pour leur appartenance à une filière considérée comme une des plus dangereuses de France, pour l'attentat de Sarcelles en 2012, des projets d'attaques notamment contre des militaires dans le sud de la France et des séjours en Syrie.

Identifiés comme les seconds couteaux chargés des planques, de la logistique ou des repérages, plusieurs des accusés sont ressortis libres du palais de justice de Paris, leurs peines ayant été couvertes par la détention provisoire. A l'audience, elle a été décrite comme "le chaînon manquant" entre le jihadiste toulousain Mohamed Merah et le réseau qui allait frapper la salle de spectacles du Bataclan.

L'accusation a décrit une filière redoutable, fruit du rassemblement des "frères" de Cannes (Alpes-Maritimes), sous les ordres de Jérémie Louis-Sidney, un chef violent "bouillant" de sa haine des juifs, et des "frères" de Torcy (Seine-et-Marne), autour de Jérémy Bailly, le fidèle lieutenant. En revanche, quatre membres du groupe, qui s'étaient rendus en Syrie dès l'automne 2012, ont été sanctionnés de peines allant de 14 à 20 ans de réclusion criminelle.

L'accusation les croit "prêts à recommencer" et a demandé des "peines exemplaires", allant jusqu'à la perpétuité pour Jérémy Bailly, l'auteur présumé d'un attentat raté à la grenade dans une épicerie casher de Sarcelles (Val-d'Oise) en 2012.

L'attentat de Sarcelles, un crime antisémite et leur principal fait d'armes, n'a pas fait de mort "mais l'intention était bien de tuer", avait martelé l'avocat général Philippe Courroye, fustigeant l'apparente désinvolture de certains accusés, signe selon lui d'une "radicalité" toujours intacte. "Une peine de mort civile" pour sa défense. Les jurés se sont prononcés sur les cas des vingt membres de groupuscule considéré comme l'un des plus dangereux de France.

Le chauffeur de l'équipée, lui, est condamné à 18 ans de réclusion criminelle.

La plus petite peine de prison, d'un an, a été prononcée contre Sofien Hamrouni, qui avait conduit deux de ses copains qui partaient vers la Syrie à l'aéroport: "une peine symbolique" pour son avocate Alexia Gavini, "qui tient compte de son parcours et de sa stabilité". Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP.

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