Le couple Jacob nie mais n'a pas d'alibi "confirmé"

Affaire Grégory le couple Jacob devant la justice

France Affaire Grégory le couple Jacob devant la justice Fait-divers Affaire du petit Grégory: les époux Jacob sur le gril

Nouvelle étape dans "l'affaire Grégory", du nom du petit garçon de 4 ans retrouvé mort pieds et poings liés dans la Vologne (Vosges) en 1984.

"Les deux mis en examen ont nié en l'état tout participation aux faits qui leur sont reprochés", a-t-il ajouté, précisant que les deux époux avaient été placés en incarcération provisoire dans deux établissements séparés "dans le souci d'empêcher une concertation frauduleuse et toute forme de pression entre les divers protagonistes".

Jean-Jacques Bosc, le procureur général de Dijon, a tenu jeudi une conférence de presse. Ce fils, c'était Jean-Marie, le père de Grégory, en conflit avec le "clan Laroche", constitué de son cousin Bernard Laroche, de son oncle et sa tante, Marcel et Jacqueline Jacob et de son frère Michel Villemin, quasi illettré, à peine invité pour le café lors des repas dominicaux.

L'avocat de Jacqueline Jacob, Me Gary Lagardette, a contesté lui aussi la mise en examen de sa cliente.

Jacqueline Jacob "est exténuée, fatiguée, épuisée", a-t-il relevé.

Les enquêteurs s'étaient aussi penchés à de nombreuses reprises sur un mystérieux "corbeau" ayant revendiqué le meurtre de l'enfant, en invoquant une "vengeance" dans une lettre postée apparemment avant la découverte du corps, en 1984.

Selon le procureur, le dossier "révèle l'existence d'un lien indissociable entre les 3 lettres anonymes de 1983, le courrier posté et l'enlèvement de l'enfant". Rien n'a encore filtré des réquisitions concernant Jacqueline Jacob, désignée la veille par le magistrat comme un des corbeaux de l'affaire.

Interrogé par l'AFP, le procureur général près la cour d'appel de Dijon, Jean-Jacques Bosc, n'a pas souhaité confirmer ni infirmer cette information initialement révélée par le quotidien régional l'Est républicain.

Un logiciel d'analyse criminelle, conçu par la gendarmerie et fréquemment utilisé pour résoudre les "cold cases", a permis d'avoir "un regard neuf sur la procédure" en reconstituant la chronologie avant et après le crime et en pointant des incohérences "qui avaient jusque-là échappé aux enquêteurs".

"Mes sentiments et les sentiments de Christine et Jean-Marie (Villemin, ndlr) qui étaient assis à mes côtés aujourd'hui dans le bureau de la présidente de la chambre d'instruction, hé bien nous éprouvons beaucoup de satisfaction et je dirais même d'admiration pour le travail colossal réalisé par les gendarmes", avait déclaré mercredi à Dijon l'avocat du couple, Me Thierry Moser.

Marcel Jacob avait déjà été soupçonné d'avoir endossé le rôle du "corbeau" et la grand-mère, Monique Villemin, 85 ans, serait l'auteure d'une lettre de menaces datant de 1989, adressée au juge Maurice Simon, alors chargé de l'instruction et décédé depuis. Si les proches sont abasourdis, les habitants le sont également, comme l'une des voisines des époux Jacob: "Quand on y pense, ce n'est pas..." Principal suspect dans une affaire relancée cette semaine avec trois gardes à vue et l'audition de témoins clé, le couple Jacob est au centre de l'attention.

Le corbeau est un homme et une femme. Cette jalousie des parents de Grégory est au cœur de l'affaire.

Pour l'instant, le couple Jacob est mis en examen pour enlèvement - un acte qui aurait entraîné la mort. Son client a été mis en examen, tout comme son épouse Jacqueline Jacob, ce vendredi 16 juin.

Plus de 32 ans après, le macabre scénario se dessine peu à peu.

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