Ginette Villemin a été remise en liberté — Affaire Grégory

Christine et Jean Marie Villemin les parents du petit Grégory le 23 novembre 1984 autour de la table de leur salle-à-manger sur laquelle est posée une assiette à l'effigie de leur enfant  AFP  Archives

Affaire Grégory : trois personnes interpellées dans les Vosges

Mais le juge a précisé ne pas connaître encore l'identité du ou des tueurs. Mais le procureur a fait état d'avancées significatives lors de sa conférence de presse jeudi en fin de journée. Âgés de 86 et 85 ans, ils sont les grands-parents paternels du petit Grégory.

Marcel Jacob, oncle de Jean-Marie Villemin (le père de la victime), sa femme Jacqueline ainsi qu'une belle-soeur du père, Ginette Villemin, ont été arrêtés mercredi matin par les gendarmes de la section de recherches de Dijon, avant d'être transférés dans la capitale bourguignonne pour y être interrogés.

L'affaire Grégory est de celles qui ont nourri les réflexions sur la nécessité d'une collégialité de l'instruction, qui ont reçu une traduction tardive en 2000. Pour mémoire, Bernard Laroche est accusé, innocenté puis tué en 1985 par le père de la victime dont il est le cousin. En particulier l'expertise d'une lettre, écrite en 1983: "Les conclusions sont confondantes à l'égard de M Jacqueline Jacob". En effet, depuis des mois, un quérulent anonyme menaçait la famille.

Une seconde lettre, postée le jour du meurtre de la commune de Lépanges, où l'on pouvait lire les mots terribles "J'espère que tu mourras de chagrin le chef". Ce n'est pas ton argent qui pourra te redonner ton fils. "Voilà ma vengeance, pauvre con".

Cette affaire sans coupable ni mobile avait bouleversé la France en 1984 et n'a jamais été résolue. Dans son livre Les deux affaires Grégory (2006), le gendarme Etienne Sesmat, ancien directeur de l'enquête, raconte que le couple entretenait des relations compliquées avec le père de Grégory, Jean-Marie Villemin.

De nouvelles expertises en écriture ont été réalisées plus tard sur ces lettres.

Mais les corbeaux ne sont pas forcément les meurtriers. Toujours d'après la chaîne d'infos en continu, les trois individus ont été placés en garde à vue pour "complicité d'assassinat, non-dénonciation de crime, non-assistance à personne en danger et abstention volontaire d'empêcher un crime". Comme l'a révélé un enquêteur au Monde, "dans le microcosme familial, tout le monde - ou presque - sait tout, et tout le monde se tait depuis des années".

Le 16 décembre 1993, Jean-Marie Villemin est condamné à 5 ans d'emprisonnement, dont un avec sursis, pour le meurtre de Bernard Laroche. "Avec cette cellule dédiée aux "cold cases", nous avons analysé toutes les pièces de l'enquête via le logiciel Anacrim", précise le général de brigade Olivier Kim, aux côtés du procureur.

Le parquet présente les interpellations comme laboutissement dun "travail danalyse criminelle très approfondi" mené par le service central de renseignement criminel de la gendarmerie pour reconstituer "dans lespace et dans le temps lensemble des témoins et des éléments intéressants apparus dans la procédure" les jours précédant et suivant la commission du crime.

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