Déferlante Macron en vue sur l'Assemblée nationale — Législatives

Législatives: 19,24% de participation à 12h en baisse

LEGISLATIVES EN FRANCE : La République en marche largement en tête

Paris, France | AFP | lundi 11/06/2017 - Un mois après son entrée à l'Elysée, Emmanuel Macron est en position de force pour s'assurer une majorité sans partage après un premier tour des législatives où son parti a laminé tous ses adversaires, sur fond d'abstention record.

Selon les premières estimations publiées à 20h par Ipsos-Sopra Steria pour France Télévisions et Radio France, la République en Marche, le mouvement du président de la République Emmanuel Macron, obtiendrait 32,2% des voix, devant Les Républicains (21,5%), le Front national (14%), La France insoumise (11 %), et le Parti socialiste (10,2%).

Le Premier ministre Edouard Philippe a estimé que les Français avaient confirmé leur "attachement dans le projet de renouvellement, de rassemblement et de conquête" de M. Macron.

Le Parti socialiste, qui contrôlait la moitié de l'Assemblée sortante, s'effondrerait avec ses alliés autour de 15 à 40 sièges, soit encore moins que les 57 de la débâcle de 1993. C'est un "recul sans précédent de la gauche", a reconnu son Premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis, qui a mis en garde contre le risque de "l'unanimisme" au Parlement.

Protégés par le camp Macron, Stéphane Le Foll, Marisol Touraine et l'ex-Premier ministre Manuel Valls sont en ballotage favorable.

La droite, qui espérait priver le nouveau président Macron de majorité, terminerait avec 70 à 130 élus LR et UDI. "On n'a jamais vu, depuis 1958, le peuple français dire le contraire aux législatives de ce qu'il a dit quelques semaines plus tôt à la présidentielle", soulignait-il pendant sa campagne. Un score "décevant pour notre famille politique", a convenu l'ancien président de l'Assemblée Bernard Accoyer.

Chef de la campagne LR-UDI, François Baroin a appelé à la mobilisation pour éviter des "pouvoirs concentrés" dans "un seul et même parti".

Un mois après son élection à la présidence de la République, Emmanuel Macron, qui a battu Marine Le Pen le 7 mai grâce à 66,1% des suffrages (20,8 millions de voix) contre 33,9% (10,6 millions de voix) pour la présidente du Front national, bénéficierait ainsi d'une majorité écrasante pour conduire les réformes qu'il a annoncées et réussirait le deuxième acte de son pari. Avec un score de 13,2% très éloigné du score de Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle (21,3%).

Pour le FN, c'est "une déception", a reconnu son vice-président Florian Philippot: la barre des quinze députés pour former un groupe avait longtemps constitué un objectif minimal.

Il reste toutefois un second tour qui se tiendra dimanche prochain pour départager les candidats qui n'avaient pas réussi à se qualifier dès le premier tour de scrutin.

La France insoumise et le PCF ont rassemblé 13,74% des voix. C'est dans ce sens que le député sortant Les Républicains dans la première circonscription des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, a appelé dès le 11 juin "tous ceux qui refusent le parti unique" à se mobiliser pour le second tour.

Un désamour dont on se dit conscient à REM, deux jours après un premier tour des législatives marquées par une abstention de plus de 51%, un record sous la Ve République.

Parmi les six ministres candidats, cinq sont largement en tête dans leur circonscription, seule Annick Girardin étant en difficulté.

Une assemblée qui découvrira son nouveau visage après le second tour, le 18 juin prochain, en espérant que les électeurs se déplacent car moins d'un électeur sur deux s'est rendu aux urnes.

Fort de cette probable solide majorité à l'Assemblée nationale, Emmanuel Macron aura les mains libres pour appliquer son programme.

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